Situle, thap, Vietnam, région nord, culture de Dông Son, IVe-IIIe siècle avant J.-C.

Situle, thap, Vietnam, région nord, culture de Dông Son, IVe-IIIe siècle avant J.-C. Bronze. H. : 31,5 cm, diam. : 27,5 cm. INV. 2505-11 © musée Barbier-Mueller

De moyenne grandeur et sans couvercle, cette situle possède les anses typiques en forme de U renversés des récipients de ce type antérieurs à l’influence chinoise, dès le IIe siècle avant J.-C., qui s’exerce surtout dans les régions côtières, la culture de Dông Son se perpétuant durant quelques siècles dans les régions montagneuses de l’intérieur.

Le décor des flancs du réceptacle présente depuis le haut, d’abord un rang de doubles filets en relief, puis, encadré par deux rangées de doubles filets en relief, un motif torsadé géométrique. La géométrisation de motifs curvilignes (par exemple les doubles spirales enchaînées qui deviennent des « grecques obliques ») est courante dans l’art des bronziers dôngsoniens.

De petits traits verticaux relient les deux doubles filets inférieurs à deux autres doubles filets, qui ont pour contrepartie, plus bas, une autre paire de filets. Entre ceux-ci et ceux-là, un registre assez large est parsemé d’images de grues en plein vol, le bec pointé vers la droite. Si ces volatiles sont plutôt rares sur le flanc des situles, en revanche ils décorent fréquemment les tympans des tambours de bronze les plus anciens. Cela nous incite à donner une date assez haute à notre situle.

Le registre suivant (en descendant) est encadré de deux doubles filets, une rangée de points cerclés, reliés par une autre tangente, autre motif tout à fait courant dans le Dông Son.

Au-dessous, un autre registre contient à nouveau le motif torsadé géométrique, séparé par deux filets d’une autre rangée de points cerclés reliés par une tangente, bande que l’on retrouve vers le bas de la situle, sous un large registre où sont représentés des cervidés dans diverses postures : galopant, au repos avec la tête tournée vers l’arrière, broutant, etc.

Tout au bas du réceptacle, deux filets sont reliés par de petits traits horizontaux. À cette hauteur, nous sommes en-dessus du fond de la situle, surélevé par rapport aux bords extérieurs.

Publ. : Viêt 2008, ill. 1, p. 20.

Édité et complété par Jean Paul Barbier-Mueller

Van Viêt Nguyên, Le profane et le divin, arts de l’Antiquité. Fleurons du musée Barbier-Mueller, musée Barbier-Mueller & Hazan (éd.), 2008 : p. 436.

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