Vase sur pied, chân cao, Vietnam, culture de Dông Son, Début de la période Nam Viêt ou Giao Chi (IVe-IIIe siècle avant J

Vase sur pied, chân cao, Vietnam, région nord ou provinces limitrophes de la Chine, culture de Dông Son, Début de la période Nam Viêt ou Giao Chi (IVe-IIIe siècle avant J.-C.), Bronze, H. : 14 cm, INV. 2505-70 © musée Barbier-Mueller

Objet d’usage quotidien en forme de bol assez profond, formant une seule pièce avec un pied de bonne hauteur. L’origine dôngsonienne apparaît dans le motif, d’ailleurs emprunté à la Chine, en forme de « grecque oblique » [1], que l’on peut aussi décrire comme des spirales géométriques enchaînées, dérivant du double S horizontal et stylisé.

L’éditeur en profitera pour dire deux mots de ce type de décor géométrique. Au centre de la Chine, à l’époque où naît l’art du métal (bronze) lors de la période Shang (vers 1600- 1027 avant J.-C.), existe une culture néolithique dite « de Lung-Shan ».

Apparaissent alors dans la céramique des motifs comme les « méandres » anguleux, ancêtres des « grecques obliques », lesquelles vont se répandre largement lors de la période des Chou occidentaux (1027-771 avant J.-C.), où l’art de la fonte du bronze fait ses brillants débuts, atteignant un sommet avec les Chou orientaux (770-222 avant J.-C.), où cet art gagne les peuples non-Chinois que ceux-ci appellent Yue, dans les provinces du sud de la Chine actuelle et au nord du Vietnam. Tout le Ier millénaire avant J.-C. est celui de la céramique à décor géométrique [2].

La forme double des anses sur le corps du récipient se retrouve fréquemment sur le corps de réceptacles du Dông Son.

Le pied s’évasant vers le bas à 45 degrés de façon rectiligne est encore le résultat de l’influence chinoise de la période Giao Chi à ses débuts.

L’ouverture du récipient est plus large que le corps du bol. La trace de la fonte prouve qu’il s’agissait d’un moule en deux parties, très répandu pour la fabrication des réceptacles dôngsoniens aux parois minces.

Un objet semblable a été découvert dans un cercueil fait d’un tronc d’arbre évidé à Viêt Khê (Haï Phong) daté par C 14 des IVe-IIIe siècles avant J.-C.

Édité et complété (origine du motif des « grecques obliques ») par Jean Paul Barbier-Mueller

[1pour reprendre la terminologie de Bezacier 1972, p. 176

[2voir Bellwood 1978, p. 180-181, qui cite un archéologue chinois pour affirmer : « the development [of geometrically stamped pottery is] a product of Shang and Western Chou influences in otherwise Neolithic areas »ibid., p.181

Van Viêt Nguyên, Le profane et le divin, arts de l’Antiquité. Fleurons du musée Barbier-Mueller, musée Barbier-Mueller & Hazan (éd.), 2008 : p. 443.

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